RAMSÈS II

RAMSÈS II
RAMSÈS II

Il est impossible de parler de Ramsès II sans évoquer l’histoire de toute la XIXe dynastie manéthonienne. Le règne de Ramsès II n’est que le prolongement de l’œuvre accomplie par les deux premiers pharaons ramessides. La postérité a souvent attribué à Ramsès II ce qui, en bonne justice, devrait revenir à son père Séti Ier. On croyait naguère que Ramsès II avait été un des modèles du grand conquérant Sésostris, précurseur d’Alexandre dans l’imagination des Grecs qui nous racontent ses exploits. On sait maintenant que ce sont les rois de la XIIe dynastie qui sont à l’origine de cette Geste de Sésostris laquelle ne doit rien à Ramsès II. De même, on ne pense plus guère aujourd’hui que Ramsès II ait été le pharaon de l’Exode. Le vrai titre de gloire du pharaon reste, en définitive, d’avoir été le constructeur d’Abou-Simbel.

La lutte contre les Hittites

Horemheb, dernier roi de la XVIIIe dynastie, n’eut pas de descendance. À sa mort, un certain Paramsès prend le pouvoir, c’est le Ramsès Ier des historiens modernes, grand-père de Ramsès II. Il appartient à une famille de militaires du Delta nord-oriental, sans doute de la région de Tanis. Les Ramessides étaient des fidèles du dieu Seth, le dieu des «marches» asiatiques de l’Égypte. Seth est le frère ennemi et l’assassin d’Osiris. Avec le développement de la religion osirienne, il est devenu suspect à une grande partie de la population égyptienne. Il fallait donc aux nouveaux souverains beaucoup de diplomatie pour s’attacher leurs sujets de Moyenne-Égypte et de Haute-Égypte. C’est peut-être à cette nécessité que l’on doit un des chefs-d’œuvre de l’art égyptien: le temple d’Abydos, que Séti Ier fit élever à la gloire d’Osiris.

En rétablissant la présence égyptienne en Asie, en concluant un premier traité de paix avec les Hittites, en réorganisant la Nubie et en arrêtant les infiltrations libyennes à l’ouest, Séti Ier (1318-1304) donne les grandes lignes directrices de la politique que poursuivra Ramsès II.

C’est ainsi que ce dernier continue la lutte contre l’hégémonie hittite en Asie. Comme son père avant lui, Ramsès II marche sur Qadesh, sur l’Oronte, où se trouve une armée asiatique commandée par le roi hittite. L’attaque égyptienne faillit être un désastre: l’avant-garde, mal engagée, est prise de flanc par la charrerie asiatique et mise en déroute. Ramsès II, toutefois, rallie les éléments en fuite, utilise les divisions non encore engagées et réussit à rétablir la situation. Les exploits qu’il accomplit alors sont célébrés dans un texte épique, le Poème de Pentaour , dans lequel les éloges dithyrambiques décernés à Ramsès II ne doivent pas faire illusion. La «victoire» égyptienne n’est en fait qu’une semi-défaite: Qadesh reste aux mains des Hittites.

Ramsès II essaie par la suite de regagner le prestige perdu, mais, malgré une légère avance en Syrie, il ne peut vaincre la pression des Hittites et doit conclure avec eux un traité d’alliance en l’an 21 de son règne. Ce traité, rédigé en cunéiforme, est un pacte de non-agression: les deux puissances s’engagent à ne plus se faire la guerre et à extrader les fugitifs des deux camps qui viendraient se réfugier soit en Égypte soit en pays hittite. Enfin, le mariage de la fille aînée du souverain hittite avec Ramsès II vient sceller ce traité et met fin définitivement à la lutte égypto-hittite en Asie.

L’exploitation de la Nubie

Originaire du Delta oriental, la XIXe dynastie y avait des attaches. Ramsès II installe donc son palais ainsi que le centre administratif de l’Égypte à Piramsès, dont l’emplacement est discuté: il s’agirait de Tanis, selon les uns, de Khatana-Qantir, selon d’autres. La création de cette ville résulte de l’évolution de la situation dans le Proche-Orient où, menacé de deux côtés, par les «peuples de la Mer» et par l’empire assyrien en pleine expansion, l’empire hittite va bientôt disparaître. Pour protéger ses frontières dans ce bouleversement général, l’Égypte doit concentrer ses forces dans le Delta: déjà les «peuples de la Mer» sont à ses portes. Ils pénètrent aussi en Libye, qui devient à son tour menaçante.

Si, du point de vue tactique, l’Égypte doit être puissante dans le nord du pays – d’où la création de Piramsès –, du point de vue stratégique elle ne peut résister aux forces en présence sans les ressources de l’hinterland africain, d’où la politique d’exploitation à outrance de la Nubie, commencée par la XVIIIe dynastie et intensifiée par Séti Ier et Ramsès II.

La Nubie – le pays de Koush – produit en effet l’or qui servira, certes, à enrichir les temples, mais aussi à acheter des alliances en Asie. Elle fournit, de plus, des matières premières: bois, bétail, cuir, qui font défaut à l’Égypte. Enfin, et surtout, elle lui procure des hommes pour son armée.

L’intérêt que l’Égypte porte à la Nubie se traduit par les constructions qu’elle effectue dans ce pays. Déjà Séti Ier y a installé des temples; Ramsès II, pour sa part, y édifie ce qui restera le fait marquant de son règne: les deux magnifiques temples hypogées d’Abou-Simbel, consacrés l’un à la reine Néfertari, l’autre, le plus grand, aux dieux Amon et Rê-Horakhty, mais aussi... à Ramsès II lui-même. Le roi s’y fait représenter sous la forme d’un dieu à tête de faucon pour lequel il accomplit lui-même tous les rites de l’offrande divine traditionnelle.

C’est sans doute cette «déification» de son vivant et de son propre fait qui explique le prestige posthume de Ramsès II. Très nombreuses sont les statues, originales ou usurpées, que le pharaon consacre à sa propre image, n’hésitant pas, de plus, à s’attribuer les constructions d’autres pharaons, voire celles de son propre père. La grande salle hypostyle du temple de Karnak fut édifiée par Séti Ier, Ramsès II se contentant d’y faire graver son nom!

Ramsès II mourut après un règne de soixante-huit ans, qui couvre à lui seul plus de la moitié de toute la XIXe dynastie. Il eut plus de cent enfants de ses épouses légitimes ou secondaires. Ce fut le treizième de ses fils, Merenptah, qui lui succéda.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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